vendredi 3 août 2012

Roberta Cross, february 7, 1969

Feuilleton
En arrivant à New York, une joie immense prit forme. Roberta était libre. Elle avait découvert que le jeune avocat qui, huit heures auparavant, lui avait interdit par la force de chanter quelques uns des plus dignes morceaux de blues, était plein la plupart du temps... Elle l'avait assommé d'un coup de pelle bien placé, peut-être même l'avait-elle tué.
Elle avait à peine dix-huit, et elle n'avait pas l'habitude de recevoir de ses amants des menaces semblables. Jusqu'à cette rencontre, aucun d'eux n'avait d'ailleurs jamais osé la ramener sur son don. Elle n'avait pas pleuré, mais le sentiment éprouvé avait été comparable à la puanteur de la décomposition animale. Elle connaissait bien cette odeur, pour s'être amusée à crucifier quelques rats dans la cave du 536 North Clark Street à Chicago. Finalement ce petit connard était à classer dans la catégorie des mulots, pas même digne de la classe des rats de Chicago…
Là, face à ce monument du 253 West 125th Street à New York, Roberta sentait l'espoir renaître. Elle pensait aussi à son premier amant de Clarksdale, qui désormais avait confié sa vie stérile au Créateur, soupirant déçu, fidèle dans le célibat. Elle concevait qu'elle aurait mieux fait de se marier avec lui… Mais elle voulait sauver sa vie de la raison.

à écouter : Sens of love [Klimperei, Positive long-run zero, 2006]

mercredi 1 août 2012

La raison du vide...

[ATF 2012]
On était tous à peu près pareil à cette époque, vers la fin des années 80. On a éprouvé un grand choc. L'évidence a montré par la suite le rapport négatif entre la diversification grise et réaliste, basée sur la vérité, et les mesures obstinées qu'on nous enseignait, basées sur l'exécution et l'ambition inutile. Ces deux facteurs ont ainsi eu un impact profond sur notre capacité de changer et surtout d’assimiler le froid qui nous a entouré par la suite. Ils ont également eu des effets interdépendants car la recherche éloignée et a postériori de la signification a atténué une partie de l'impact défavorable.
Tout ce fatras a peut-être aujourd’hui, pour certains, des retombées intéressantes... Mais un revival, basé sur des facteurs inaperçus à l’époque, ne permet pas d’utiliser les données de la réelle substance et augmente la confusion.
Ce constat, tel qu'il est formulé ci-dessus, n'est-il pas la meilleure façon de parler pour ne rien dire ?

à écouter : Declaration [no document, no document (lp), 2007]